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Profil professionnel – Stacey Smith?

Stacey Smith? – Professor

Degré : B.Sc. (HONS), Macquarie University; M.Sc., Ph.D., McMaster University
Poste : Professeur agrégé
Institution : Université d’Ottawa

Non, le point d’interrogation n’est pas une faute de frappe, mais est indicateur de ce qui permet à Stacey Smith? de se démarquer dans un monde de recherches d’information sur Google. Bien que le nom soit unique en soi, c’est la recherche de Stacey qui lui permet de se démarquer en tant que mathématicienne innovateur au génie créateur.

Stacey ne s’est jamais intéressée à l’arithmétique simple et dit : « je suis toujours incapable de calculer le pourboire à laisser dans un restaurant ». Bien qu’elle se soit intéressée, au début, aux mathématiques au secondaire, quand on s’est écarté dans son cours de mathématiques des calculs pour aborder les notions plus abstraites de la discipline, c’était la possibilité de se servir des mathématiques appliquées pour régler de véritables problèmes qui a suscité son intérêt. En se servant de ce que Stacey décrit comme « le langage des mathématiques », on peut transformer un problème biologique en des notions mathématiques et créer un modèle mathématique. « On peut alors analyser son modèle et en arriver à une conclusion mathématique, qu’on peut alors transformer en des notions biologiques, de dire Stacey. Cette conclusion n’aurait peut-être pas sautée aux yeux dans le cadre d’une réflexion normale, mais en convertissant le tout en des termes mathématiques, on a accès à la logique et à la rigueur ».

Vu son penchant naturel pour les solutions à des problèmes de tous les jours, on est surpris d’apprendre que Stacey est mieux connu pour sa recherche dans un domaine imaginaire : les zombies. En 2009, elle a co-rédigé un article où l’on décrivait un modèle mathématique d’une éclosion de zombies, article qui a suscité un vif intérêt de la presse.1 Sa recherche s’applique bien plus à la réalité qu’on pourrait le croire a priori. Les chercheurs devaient créer un modèle d’une éclosion infectieuse sans s’appuyer sur des modèles existants, pratique importante des travaux de préparation à une éclosion d’une nouvelle maladie ou de préparation à une épidémie. « En faisant la modélisation des zombies, nous pouvons nous renseigner sur la gestion des situations biologiques peu connues », a indiqué Stacey. Stacey examinera de plus près ce sujet dans son prochain ouvrage intitulé Braaaiiinnnsss: From Academics to Zombies, qui devrait paraître au mois d’octobre 2011.

Son travail sur les zombies a évolué à partir de sa recherche permanente sur les maladies. Elle s’intéresse principalement dans le cadre de sa recherche à la modélisation du VIH. De concert avec son équipe de recherche de l’Université d’Ottawa, il a créé un modèle mathématique pour examiner les meilleurs moyens à prendre pour enrayer le VIH/sida dans le monde.2 Elle a également publié des documents de recherche sur l’importance du maintien des traitements du VIH et des résultats non voulus éventuels des vaccins contre le VIH.

Stacey réalise aussi de la recherche sur ce qu’elle qualifie de « maladies délaissées » pour lesquelles il n’existe que très peu de modèles mathématiques, voire aucun. Selon Stacey, grâce aux modèles mathématiques, les mathématiciens peuvent « analyser les stratégies d’intervention, suivre la progression de la maladie et établir quelles sont les mesures susceptibles de donner de bons résultats et celles qui sont vouées à l’échec, et ce, sans des essais cliniques coûteux ni de longs délais pendant qu’on recueille des données ». Stacey examine de plus près le sujet de la modélisation des maladies dans son manuel de cours intitulé Modelling Disease Ecology with Mathematics.

À l’Université d’Ottawa, Stacey donne actuellement un cours de troisième année sur la théorie du chaos et un nouveau cours appelé « Mathematical Modelling of Zombies ». Elle donne aussi un cours de calcul de première année aux étudiant.e.s se spécialisant dans les sciences de la vie. C’est pour lui un défi d’enseigner à des étudiant.e.s qui préféreraient ne pas subir de cours de mathématiques. « À la fin du trimestre, j’aurai convaincu les étudiants de l’importance des mathématiques,» de dire Stacey. «Bien qu’un mathématicien ou un ordinateur puisse trouver une solution à des problèmes d’analyse, ce n’est que dans le cadre d’une coopération entre des mathématiciens et des biologistes qu’on arrive à créer des modèles mathématiques réellement utiles. »


1. P. Munz, I. Hudea, J. Imad and R.J. Smith? « When Zombies Attack! Mathematical modelling of an outbreak of zombie infection » (Infectious Disease Modelling Research Progress 2009, pp.133-150).

2. R.J. Smith?, J.Li, R. Gordon and J.M. Heffernan « Can we spend our way out of the AIDS epidemic? A world-halting AIDS model » (BMC Public Health 2009, 9 (Suppl. 1): S15).

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